Un reportage photographique entre le Burkina Faso et la Casamance, au Sénégal — par Phototigui
Au burkina faso plus précisement à Dédougou, le pêcheur communément appélé (bozo) est souvent une figure solitaire. Son geste s’inscrit dans une histoire ancienne, marquée par la coexistence de deux traditions.
La première est la pêche coutumière, organisée sous l’autorité des chefs de terre gardiens des génies de l’eau et soumise à des exigences sacrificielles transmises de génération en génération. La seconde est une pêche de subsistance, plus pragmatique, dont l’unique but est de nourrir les communautés riveraines en protéines de poisson.
À des centaines de kilomètres de là, en Casamance, au sud du Sénégal, la pêche change de visage. Elle se pratique en équipage, sur des embarcations plus grandes, propulsées au moteur. Le geste devient collectif, la sortie en mer s’organise, se partage.
Mais qu’ils partent seuls sur un fleuve intérieur ou en groupe vers l’océan, tous ces pêcheurs affrontent le même risque : celui de la noyade. Peu d’entre eux embarquent avec un gilet de sauvetage. Avant de lancer leur pirogue, beaucoup adressent une prière silencieuse à l’esprit des eaux — un geste de foi qui précède chaque départ, quelle que soit la rive.
C’est cette tension entre le rite et le risque, entre la solitude et la solidarité, que ce reportage tente de saisir : des hommes qui, chaque jour, remettent leur vie entre les mains du fleuve ou de l’océan, portés par un savoir-faire ancestral et une foi discrète.